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FLASH
SPECIAL 2006 |
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Le
RMI revalorisé de 1,8% au 1er
janvier |
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Le
montant du Revenu minimum d'insertion
(RMI), sera revalorisé de 1,8%
au 1er janvier, pour atteindre, pour
une personne seule sans enfant, 440,86
euros, a annoncé
vendredi la Caisse nationale d'allocations
familiales (Cnaf). Le RMI, qui bénéficie
à 1,1 million de personnes
en métropole et est revalorisé
chaque année au 1er janvier,
va atteindre 661,29 euros
pour une personne seule avec un enfant
ou pour un couple sans enfant, et
793,55 euros pour
une personne seule avec deux enfants
ou pour un couple avec un enfant.
L'Allocation aux adultes handicapés
(AAH), qui bénéficie
à près de 800.000 personnes,
va elle aussi augmenter de 1,8%, indique
la Cnaf dans un communiqué.
Son montant de base s'élèvera
à 621,27 euros.
Le complément AAH, réservé
aux handicapés qui ne peuvent
plus travailler, sera fixé
à 179,31 euros,
et la majoration pour vie autonome
à 103,63 euros. |
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Vendredi
22 décembre 2006 |
La
prime de Noël reconduite |
Une
prime de Noël sera de nouveau versée,
cette année, aux titulaires du
revenu minimum d'insertion (RMI) et
de l'allocation spécifique de
solidarité (ASS), a annoncé
le Premier ministre, Dominique de Villepin,
mercredi 29 novembre, mais sans revalorisation.
Le montant de cette prime "pour
un couple avec deux enfants sera de
320 euros", a-t-il
précisé, en ajoutant que
son versement interviendra "au
cours du mois de décembre".
Le montant de la prime reste donc inchangé,
à 152,45 euros
pour une personne seule titulaire du
RMI |
Jeudi
14 décembre 2006 |
Un
conseiller ANPE propose à une
chômeuse de s'auto-radier des
listes des demandeurs d'emploi |
| Une
chômeuse inscrite à l'ANPE
et bénéficiaire du RMI
s'est vu proposer par un conseiller
de son agence parisienne d'être
"désinscrite" des listes
des demandeurs d'emploi, en ne répondant
pas à une convocation avec pour
conséquence une radiation.
Cette proposition
a été faite lors d'une
rencontre avec un conseiller fin novembre
dans une agence du 14e arrondissement
de Paris, à une chômeuse
âgée de 52 ans, inscrite
à l'ANPE depuis 1999, qui souhaite
garder l'anonymat.
Après son refus
de suivre une "prestation"
(aide à la rédaction
d'un CV etc.), il lui a été
conseillé de ne pas donner
suite à une prochaine convocation,
ce qui provoquerait sa radiation automatique
dans le cadre d'une procédure
de sanction. "Le conseiller m'a
dit qu'il ne voyait pas en quoi l'ANPE
pouvait m'être utile si je refusais
une prestation", affirme-t-elle
à l'Associated Press.
Le 24 novembre, un
courrier "type" pour une
convocation à un entretien
mensuel d'actualisation de "projet
personnalisé d'accès
à l'emploi", lui a en
effet été envoyé.
Ce document, dont
l'Associated Press a obtenu une copie,
précise: "Cet entretien
est indispensable. En cas d'indisponibilité,
je vous remercie de nous contacter.
A défaut de présentation,
je serai contraint(e), conformément
à la loi, d'annuler votre inscription
comme demandeur d'emploi".
Juste au-dessus de
cette formule, qui figure sur toutes
les convocations similaires envoyées
aux chômeurs suivis par l'ANPE,
la mention manuscrite suivante a été
rajoutée, avec signature: "Madame,
Réfléchissez à
votre désinscription comme
convenu. Si c'est le cas, ne venez
pas et la procédure de radiation
suivra son cours".
"C'est honteux,
stupide", a réagi le porte-parole
de la CGT ANPE Vincent Strobel, interrogé
par l'Associated Press. Pour lui,
il s'agit d'un acte "isolé",
mais qui "découle d'une
imprégnation quotidienne",
d'une "pression au quotidien
sur les personnels".
"Je ne peux pas
vous dire qu'il existe des objectifs
chiffrés pour dire 'on va radier
tant de personnes', mais quant on
laisse par exemple entendre que les
fichiers sont encombrés par
des gens qui ne cherchent pas forcément
beaucoup de travail, ça passe
dans les moeurs", ajoute-t-il,
en soulignant toutefois que les procédures
de radiation "n'ont pas explosé".
De plus, pour Vincent
Strobel, "les gens qui ne sont
pas directement indemnisés
par l'Assedic, on a tendance à
estimer qu'ils n'ont pas forcément
besoin de l'ANPE. Voir un courrier
comme celui-là, ça fait
sauter au plafond, mais c'est la logique
du système. Alors par dérives
successives, on peut arriver à
écrire ce genre de chose".
Au cabinet du ministre
de la Cohésion sociale et de
l'Emploi Jean-Louis Borloo, on assure
qu'aucune consigne pouvant donner
lieu à une démarche
de ce type n'a été passée,
et on renvoie sur la direction générale
de l'ANPE.
Du côté
de la direction de l'ANPE, on se déclare
"fortement surpris". "Sur
le principe, ce n'est pas notre politique.
On ne pousse pas à la désinscription",
affirme-t-on, tout en disant ne pas
être en mesure de se positionner
"sur le fond sans connaître
le dossier de cette personne et ce
qui s'est dit pendant l'entretien".
AP
|
mardi
5 décembre 2006 |
Ile-de-France.
Réductions sociales, gratuité
pour les Rmistes au printemps |
|
Plus d'un million de personnes "en
situation fragile", soit 10%
de la population d'Ile-de-France,
bénéficieront à
compter du 1er octobre d'une réduction
de 75% du prix de la carte orange,
et les Rmistes de la gratuité
à compter d'avril 2007, a annoncé
le 25 septembre la présidence
de région.
La réduction au 1er octobre
concernera les Rmistes, les titulaires
de la couverture maladie universelle,
de l'aide médicale d'Etat,
de l'allocation parent isolé
et de l'allocation solidarité
spécifique, a précisé
Jean-Paul Huchon, président
(PS) de la région Ile-de-France,
lors d'une conférence de presse.
Jusqu'à présent, seuls
les titulaires de la CMU bénéficiaient
d'une réduction de 50%.
Dans un deuxième temps, à
compter du 1er avril 2007, les quelque
375.000 bénéficiaires
du RMI en Ile-de-France bénéficieront
de la gratuité totale dans
les transports franciliens.
La région finance intégralement
ces réductions pour un montant
de 87 millions d'euros en année
pleine, a souligné M. Huchon,
en s'engageant pour une "Ile-de-France
plus solidaire et plus humaine".
Le budget consacré par la région
aux transports pour 2006 est de un
milliard d'euros.
M. Huchon a par ailleurs annoncé
la création de 70 lignes de
bus Mobilien, notamment en grande
et petite couronne, pour un budget
de 119 millions d'euros en 2007.
Le président de la région
a affirmé que celle-ci est
"prête techniquement"
à mettre en oeuvre dès
2007 onze projets d'infractructure
ferrée en "gares, pôles
d'échange, tramways et transports
en commun en site propre" qui
concerneront environ 2 millions de
voyageurs, pour un coût global
de 1,5 milliard d'euros.
"Même si nous n'obtenons
pas un appui de l'Etat, nous proposons
de financer intégralement ces
sommes avec les départements",
a indiqué M. Huchon, appelant
l'Etat à "accompagner
la région".
Enfin, le matériel roulant
sera rénové : les wagons
en inox dits "petits gris"
vont disparaître à partir
de 2009, les trains à deux
étages seront entièrement
rénovés et une nouvelle
automotrice mise en place sur les
réseaux Saint-Lazare et Gare
du Nord. Cette rénovation est
financée à 50/50 par
la SNCF et le Syndicat des Transports
d'Ile-de-France.
Source:
http://www.lagazettedescommunes.com/RSS/detailArticle.asp?id=14324
|
24
octobre 2006 |
| Haute-Normandie.
L'Eure va tester le revenu de solidarité
active |
|
S'inspirant des théories du président
d'Emmaüs France, le département
de l'Eure va tester le Revenu de solidarité
active (RSA). L'enjeu est de garantir
à un chômeur qui retrouve
un travail, un salaire égal ou
supérieur à celui qu'il
touche au RMI pour lui éviter
la tentation de ne pas reprendre d'activité.
Pris en charge par la collectivité,
le RSA sera testé dans le bassin
d'emploi de Louviers auprès de
500 Rmistes et étendu à
l'ensemble du département si,
fin 2007, les résultats sont
positifs. |
20
octobre 2006 |
Du
RMI à l'emploi: des primes
ponctuelles pour éviter une
perte de revenu |
| Des
primes de "retour à l'emploi"
sont mises en place le 1er octobre,
avec pour objectif d'éviter aux
bénéficiaires de minima
sociaux une perte de revenu en cas de
reprise d'emploi, mais les associations
sont réservées sur leur
intérêt à long terme
pour ces "travailleurs pauvres".
Ce nouveau
système créé
par la loi du 23 mars 2006 remplace
le dispositif actuel, qui permet déjà
aux bénéficiaires de
minima sociaux de conserver leur allocation
pendant trois à six mois, puis,
partiellement, les neuf mois suivants.
Le nouveau
système se veut plus lisible
et attractif. En effet, seulement
12,5% des Rmistes bénéficiaient
en 2004 de l'ancien dispositif, selon
le ministère.
Désormais
tout bénéficiaire du
RMI (revenu minimum d'insertion),
de l'API (allocation parent isolé)
ou de l'ASS (allocation spécifique
de solidarité) qui reprend
une activité de plus de 78
heures par mois, et quitte les dispositifs
d'assistance, pourra cumuler pendant
trois mois allocation et salaire.
Les neuf mois
suivants, la personne percevra une
prime mensuelle de 150 euros (de 225
euros si elle a une famille), versée
par les départements, pour
les allocataires du RMI, et par l'Etat
pour les bénéficiaires
de l'API et de l'ASS.
Enfin, l'Etat
verse une prime de 1.000 euros au
quatrième mois d'activité.
Un budget de 100 millions d'euros
est prévu pour 2007.
Ainsi, un célibataire
au RMI qui reprend un emploi à
temps plein au SMIC recevra-t-il,
pendant un an, 1.247 euros en moyenne
mensuelle avec le nouveau dispositif
contre 1.098 dans l'ancien, et s'il
prend un emploi à un peu plus
d'un mi-temps, 768 au lieu de 703,
selon des estimations du ministère.
Les personnes
qui travaillent moins de 78 heures
conservent le dispositif antérieur,
proportionnel au temps de travail.
La loi donne
aussi une priorité d'accès
aux établissements d'accueil
de jeunes enfants, la garde des enfants
constituant souvent un frein à
la reprise d'emploi.
"Cela
répond à une partie
du problème, mais il s'agit
d'une prime financière ponctuelle,
le problème est de garantir
que le gain financier dû à
l'emploi est durable", déclare
à l'AFP Martin Hirsch, président
d'Emmaüs-France.
Auteur d'un
rapport intitulé "Familles,
vulnérabilité, pauvreté"
en 2005, Martin Hirsch défend
l'idée d'un "revenu de
solidarité active" (RSA),
pour que la reprise d'emploi permette
une augmentation de revenu avec "la
garantie de ne pas perdre cette augmentation
six mois après parce qu'on
a bénéficié d'une
mesure transitoire".
Une dizaine
d'expérimentations locales
devraient être lancées
cette année par l'"Agence
nouvelle des solidarités actives"
créée par Martin Hirsch,
qui se félicite que le projet
de loi de finances 2007 ait acté
le principe de ces expérimentations.
La Fnars, fédération
d'associations du secteur social,
estime de son côté que
le nouveau dispositif reste "trop
compliqué", et regrette
"l'absence d'évaluation".
"Ce que
les gens veulent, c'est savoir ce
qu'ils vont avoir à la fin
du mois, en bout de chaîne,
ils auront toujours l'impression d'être
dupés", affirme à
l'AFP Gilbert Lagouanelle (Secours
catholique), qui craint que les petites
entreprises, employeurs privilégiés
des "travailleurs pauvres",
"n'en profitent pour diminuer
les salaires".
La France compte
entre un et deux millions de "travailleurs
pauvres", selon le seuil de pauvreté
retenu (50% du salaire médian
ou 60% pour les comparaisons européennes),
des personnes qui travaillent mais
dont le salaire ne permet pas de s'extraire
de la pauvreté.
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lundi
02 octobre 2006 |
Mal
reçus à cause de la
CMU |
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Une
enquête réalisée
selon la méthode du "testing"
a révélé hier
que 41% des médecins spécialistes
refusaient de prendre en charge, souvent
pour des "logiques économiques",
les patients les plus démunis,
bénéficiaires de la
couverture maladie universelle.
La
CMU, créée en 1999 et
dont bénéficient 4,8
millions de personnes, permet de ne
pas avancer d'argent chez le médecin,
ce dernier étant payé
par la sécurité sociale.
Sur
215 professionnels contactés,
41% des spécialistes (psychiatres,
gynécologues, pédiatres...)
et 39% des dentistes ont refusé
de prendre en charge un patient en
CMU, alors qu'ils acceptaient juste
après de recevoir un patient
"ordinaire". Les généralistes
ont refusé dans 4,8% des cas.
L'Ordre
des médecins a assuré
qu'il allait adresser aux médecins
"un rappel dans les plus brefs
délais". afp
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vendredi
23 juin 2006 |
ANPE
: De l'autre côté du
guichet |
| Il
n'y avait qu'à pas énerver
Fabienne Brutus. Ce qu'elle n'a pas
supporté, c'est d'entendre
à l'automne 2005 l'annonce
triomphante de la baisse du chômage
en France. Tout ce qu'elle constatait
depuis le siège de son agence,
dans l'Aude, venait le démentir.
Tout ce qu'elle observait sur le déplacement
subtil des chômeurs d'une "catégorie"
à l'autre pour le besoin de
les faire disparaître des statistiques
concourait à l'indigner. Alors,
ne sachant pas à qui le dire,
elle a appelé à tout
hasard le répondeur téléphonique
de "Là-bas si j'y suis",
l'émission de Daniel Mermet
sur France Inter. Celui-ci a aussitôt
passé un appel à l'antenne
pour retrouver cette employée
en colère et lui tendre le
micro. Fabienne a fait un tabac. Des
télévisions ont suivi.
Un éditeur lui a commandé
un livre. Fabienne Brutus l'a écrit
en deux mois et demi. Un coup de gueule
dans un style étonnamment maîtrisé.
Qui ne doit rien, assure-t-elle, au
fait qu'elle est membre d'Attac et
du syndicat SUD. |
| lundi
10 avril 2006 |
Chômage
: le grand camouflage |
emploi
. Depuis vingt ans, des modifications
statistiques ont exclu une part grandissante
des chômeurs des données
officielles. Les chiffres mensuels
ignorent un chômeur sur deux.
C’est
l’histoire d’un grand
camouflage, celui de l’ampleur
réelle du chômage en
France. En 1967, Georges Pompidou
estimait que « si on atteint
les 500 000 chômeurs en France,
ce sera la révolution ».
La suite devait lui donner tort. Dix
ans plus tard, la barre du million
était franchie. Aujourd’hui,
celle des quatre millions est dépassée
depuis longtemps, mais on n’en
a jamais rien su. Car entre-temps
les gouvernements ont pris une série
de mesures pour modifier à
la baisse le comptage des sans-emploi.
À défaut de lutter contre
le chômage, ils l’ont
peu à peu minimisé,
gommé, en tordant le thermomètre,
pour atténuer les risques d’explosion.
À tel point qu’aujourd’hui
le chiffre officiel du chômage,
commenté chaque mois, ne reflète
qu’une faible partie de la réalité.
On
ne compte plus les précaires
La
première mesure date de 1977,
époque où le chômage
commence à s’installer
dans le paysage social. L’ANPE
se met alors à radier les chômeurs
non disponibles immédiatement,
par exemple les malades. Au début
des années quatre-vingt, les
chômeurs sont répartis
en catégories de 1 à
5 (voir encadré), et seule
la première sert de baromètre
officiel. On ne compte donc pas les
chômeurs qui cherchent un emploi
à temps partiel ou temporaire
(catégories 2 et 3), ni ceux
en formation ou en maladie (catégorie
4). En 1985, premier grand «
nettoyage » des listes, avec
la création de la catégorie
des « dispensés de recherche
d’emploi » (DRE). Les
chômeurs de plus de 57 ans,
dont on estime qu’ils ont peu
de chances de retrouver un emploi,
se voient proposer, et refusent rarement,
de ne plus être contrôlés
par l’ANPE. Au passage, ils
sortent des statistiques officielles
du chômage. L’impact est
d’abord limité, avec
80 000 DRE en 1986. Mais depuis la
courbe n’a jamais cessé
d’augmenter, jusqu’à
400 000 aujourd’hui !
Mais
c’est en 1995 que l’on
assiste au plus gros tournant dans
la gestion de la statistique. Profitant
du développement des emplois
précaires que les chômeurs
sont bien contraints d’accepter,
le gouvernement décide de ne
plus compter comme chômeurs
ceux qui travaillent « trop
». Ainsi, les demandeurs d’emploi
des catégories 1, 2 et 3, qui
ont travaillé plus de 78 heures
dans le mois, sont d’office
déplacés vers les catégories
6, 7 et 8.
Grâce
à ces manipulations, le nombre
de chômeurs « invisibles
», placés hors baromètre
officiel, a explosé depuis
dix ans. D’après Pierre
Concialdi, économiste à
l’IRES, l’effectif des
catégories 2, 3, 6, 7, 8 et
DRE a augmenté de 100 000 personnes
entre 1993 et 1997, puis de 400 000
entre 1997 et 2001 et de 160 000 entre
2001 et 2005 (1). En 1985, un chômeur
sur dix seulement était hors
statistique officielle. Cette proportion
augmente doucement jusqu’en
1996 (25 %), puis explose pour atteindre
41 % en 2001. Depuis elle progresse
lentement, jusqu’à 43
% aujourd’hui.
La
poussée des catégo-ries
6, 7 et 8 est due au boom de l’emploi
précaire. Mais l’explosion
des 2 et 3 s’explique par des
pratiques volontaires dans les ANPE.
« Pour dégonfler les
chiffres, les directions locales ont
incité les agents à
basculer les chômeurs vers les
catégories 2 et 3 »,
explique Margot Undriener, de la CGT-ANPE.
« On ne tient plus compte de
l’emploi voulu par le chômeur,
mais de sa situation. » Par
exemple, si une personne annonce en
entretien qu’elle travaille
à temps partiel,
elle
va être déplacée
en catégorie 2 puisqu’on
considère qu’elle n’est
disponible que pour un autre temps
partiel. Une autre doit se faire opérer
dans quelques mois : elle n’est
donc disponible que pour un emploi
temporaire (catégorie 3) En
parallèle, pour écrêter
la courbe du chômage, l’ANPE
a mobilisé d’autres outils
comme les radiations, qui ont bondi
de 5 000 par mois en 1995, à
34 000 aujourd’hui 4,5 millions
de chômeurs
Aujourd’hui,
la catégorie 1 ne représente
donc plus
de
57 % des chômeurs. Quand, en
2005, le chômage officiel s’élève
en moyenne à 2 419 000 personnes
(catégorie 1), soit 9 % de
la population active, il ignore 1
421 000 chômeurs des catégories
2, 3, 6, 7, 8, et 404 000 DRE. Le
« vrai » chiffre du chômage
est donc de 4 244 000, soit 15 % de
la population active. En fait, on
est encore loin du compte. À
ce total, il faudrait ajouter les
160 000 chômeurs en formation
ou en maladie donc pas disponibles
immédiatement (catégorie
4). Et une partie de la catégorie
5 (110 000 personnes), où sont
basculés les chômeurs
en emploi aidé. Sans oublier
les demandeurs d’emploi des
DOM (160 000 pour la seule catégorie
1), exclus, de manière tout
à fait arbitraire, des statistiques
officielles chaque mois. On dépasse
alors les 4,5 millions de chômeurs.
Comme
le souligne Pierre Concialdi, le halo
du chômage est bien plus large
encore. Il comprend les chômeurs
« découragés »
qui, ne touchant pas ou plus d’allocation
des ASSEDIC, ne voient plus l’intérêt
de s’inscrire à l’ANPE
après de longues années
sans retrouver d’emploi. Une
population difficile à estimer,
mais on sait par exemple que, sur
1 million de érémistes,
40 % ne sont pas inscrits à
l’ANPE. Le halo englobe aussi
une partie des personnes à
temps partiel en « sous-emploi
», c’est-à-dire
souhaitant travailler plus : selon
l’INSEE, un quart de ce 1,2
million de salariées (ce sont
des femmes à 80 %) n’est
pas inscrit à l’ANPE.
De même, 60 % des femmes au
foyer, classées dans la catégorie
des inactifs, aimeraient travailler.
De quoi franchir la barre des 5 millions
de chômeurs en France.
(1)
« Des chômages de
plus
en plus invisibles », note de
CERC-Association nº 10, juin
2001.
Fanny
Doumayrou
Source
: http://www.humanite.presse.fr/journal/2006-03-09/2006-03-09-825721 |
Vendredi
10 mars 2006 |
La
bonne conseillère du chômeur
|
| Après
un mois d’attente, hier, je
n’avais toujours pas reçu
de réponse de l’Assedic
à ma demande d’ouverture
de droits.
Je
me suis donc rendue à l’antenne
dont je « dépends »
pour faire débloquer mon dossier.
Comme la « conseillère
» me sortait l’habituelle
rengaine : « Ah, mais je ne
peux rien faire, moi, c’est
le traitement informatique »,
je lui ai assuré que je ne
bougerais pas de son bureau tant que
le problème ne serait pas résolu.
Et elle de me répondre : «
À partir de janvier, ce genre
de choses ne sera plus possible. Tout
se fera par courrier et par téléphone.
Sauf en cas de convocation. Ça,
je ne m’en plains pas : les
gens arrivent de plus en plus énervés...
Au moins, on n’aura plus à
gérer ça. » (N’empêche
que je suis sortie de son bureau avec
l’assurance que mon indemnité
serait versée dès le
lendemain.)
Si
l’Anpe fait preuve d’une
ruse assez grossière quand
elle diminue les chiffres du chômage
en nous radiant de ses listes sous
n’importe quel prétexte,
l’Unedic, quant à elle,
a trouvé un système
tout simplement génial : nous
faire disparaître de sa vue.
Ce qui lui permet ensuite d’organiser
notre misère paisiblement.
D’ailleurs,
la principale conseillère de
l’Unedic, la chef du Medef Laurence
Parisot, n’a certainement jamais
vu un chômeur en vrai. Au cours
des négociations avant la mise
en place en janvier de notre nouveau
régime d’indemnisation,
elle affirmait qu’il fallait
« dédramatiser »
la situation, car il ne serait «
raisonnable pour personne »
d’augmenter les cotisations
patronales. En revanche, « il
y a sûrement des économies
à faire sur la gestion du système.
» (AFP, 08/12/2005)
C’est-à-dire
qu’à moins d’une
mobilisation monstre des principaux
intéressés, la réforme
de l’Unedic qui sera mise en
place en janvier restreindra encore
nos droits, augmentant proportionnellement
notre lassitude et notre rage. Et
c’est sûr qu’il
ne fera pas bon être «
conseillère » en face
de nous à ce moment-là. |
| vendredi
23 decembre 2005 |
Réagissez
sur le Forum
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