SNCF
le coût des privilèges
- Des salaires élevés
et des primes « à la pelle »
- Un Comité d’entreprise
très charitable : un régime de Santé propre,
des vacances cinq fois moins chères
- Au total : 75 milliards
pour les contribuables
On
nous dit que la SNCF « sort du rouge » et
« renoue avec les bénéfices ». Mais regardons
le compte de résultat pour 1999. On s’aperçoit
tout de suite que les produits du trafic et
annexes au trafic (les recettes commerciales)
sont de 57 milliards de francs. C’est ce que
payent effectivement à la SNCF les entreprises
et les ménages pour le transport de marchandises
et de personnes. Mais les charges totales
sont de 118,5 milliards de francs.
La différence de 61,5 milliards est donc payée par
l’Etat et les Collectivités locales. Il faut
ajouter 14 milliards (insuffisance compte
retraite), qui n’apparaissent pas dans le
compte de résultat. Le total
est donc de 75,5 milliards.
Il est intéressant de remarquer
que les recettes commerciales couvrent à
peine les salaires + charges (46,5 milliards)
et la contribution de 36,29 % pour la retraite.
75 milliards, c’est trois fois et demi le
budget de la Justice, c’est l'équivalent
de 650 000 d’emplois payés au SMIC, c’est
une somme de 3200 francs que chaque Français
actif doit mettre du côté au début de l’année
qu’il prenne le train ou non. C’est surtout
1% du PIB.
Monsieur
Gallois dégage des « bénéfices » au prix de
manipulations sans scrupules en transférant
les pertes sur le RFF (Réseau Ferré de France)
créé de toutes pièces en 1997 pour reprendre
le passif colossal de la SNCF.
Pourquoi
une dette de 232 milliards de francs ? Pourquoi
cette contribution annuelle de 75 milliards
de francs ? Ce sont des questions auxquelles
nous allons essayer de répondre dans ce
dossier.
Les
privilèges du personnel de la SNCF
Comme
leurs amis de la RATP, les agents de la SNCF
jouissent de nombreux privilèges grâce au
régime spécial :
- travail à vie,
- des salaires 23 %
plus élevés que dans le privé (203 000
contre 163 940),
- des retraites doubles
- et départ à la retraite
à 50 ans pour les roulants et 55 ans pour
le reste du personnel,
- une semaine de travail
de 25 heures (les conducteurs du TGV),
- gratuité du transport
pour les agents et pour leurs familles
Le
coût des retraites de la SNCF pour le contribuable
: 14 milliards de francs.
La
pension de retraite normale est accordée
à l’âge de 55 ans. Néanmoins, certaines
catégories de personnel comme les agents
de conduite peuvent partir à 50 ans après
25 années de service. A la SNCF, on raisonne
en année d’activité. Toute année d’activité
donne droit à une pension de retraite égale
à 2 % du dernier revenu avant la retraite.
Par exemple, 37,5 années d’activité (pour
les non-roulants)
débouchent sur une retraite à 75 % du dernier
revenu.
La SNCF dispose d’une caisse de retraite propre.
Le coût de la retraite est de 24 milliards de francs. La différence de
14 milliards de francs qui assure l’équilibre
de la caisse reste à la charge de l’Etat
donc du contribuable.
Salaires élevés et primes « à la pelle »
Parmi
celles-ci :
la prime de fin d’année, la gratification de vacances et la gratification
annuelle d’exploitation, c’est-à-dire un surcroît
de rémunération de l’ordre de 7,70 %.
S’y surajoutent des « primes de travail » de la filière concernée, des
indemnités pour heures supplémentaires, des
allocations de déplacement (non imposable),
des primes supplémentaires pour conduite de
TGV, des primes de parcours, etc. Les conducteurs
ont même exigé, et obtenu, une prime spéciale
de congé afin de compenser la perte des primes
de conduite pendant… leurs congés.
Un comité d’entreprise très généreux
Mais
on ne peut pas oublier le Comité d’entreprise
(CE) pour lequel le contribuable français
paye 600 millions de francs à l’année. En
fait il y a 27 CE régionaux qui versent au
CCE (Comité Central d’Entreprise) une part
importante. Et c’est le CCE qui gère ensuite
le parc immobilier de la SNCF et les vacances
des cheminots. Le patrimoine peut être évalué
à soixante-six centres de vacances et douze
maisons familiales, à quoi s’ajoutent les
campings.
Un régime spécial d’assurance maladie
A
la SNCF il y a une Caisse de prévoyance instituée
en vertu des dispositions d’un décret du 6
août 1938 qui a fixé le régime spécial d’assurance
des agents. Elle a été mise en place par décision
du Conseil d’administration de la SNCF en
date du 18 janvier 1939. Les cheminots peuvent
se faire soigner gratuitement sur leur temps
du travail dans les 23 centres médicaux régionaux,
les 200 cabinets de la SNCF et 15 900 établissements
de soins agréés SNCF. La caisse est en relation
avec 292 000 professionnels de santé agréés
SNCF parmi lesquels les plus grands spécialistes
de France.
La plupart des spécialistes des centres médicaux de la SNCF viennent des
hôpitaux ou des cliniques privées et sont
payés à l’heure par la SNCF. Pour un agent
de la SNCF tout est gratuit y compris les
soins dentaires à condition qu’il se fasse
soigner par les médeceins
agréés par la Société.
Le
Rapport annuel 1998 de la Caisse de Prévoyance
nous montre des ressources totales de 9 milliards
de Frs.Mais en regardant
plus attentivement on trouve une contribution
de la SNCF de 2,8 milliards de Frs.
Comparaison avec l'étranger
Dix
fois plus de personnel qu’au Japon (rapport
: voyageurs transportés par agent).
Réfome en Europe : La plupart des pays
du vieux continent se trouvent sur la voie
de l’ouverture à la concurrence sauf la France
qui n’a pris aucune mesure pour réduire les
dépenses, pour rendre le réseau plus efficace.
Ainsi, la Suède, les Pays-Bas ou l'Allemagne
ont reformé le transport ferroviaire pour
diminuer leurs effectifs.
A la SNCF, on a un Crédit Lyonnais tous les deux ans et cela depuis 20
ans. A l’exception du « Rapport interdit »
sur la SNCF de Christian Julienne paru en
1996 et de quelques articles, personne n’en
parle. Est-ce qu’on peut continuer à cacher
aux Français cette réalité au nom du service
public ?
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un autre scandale
Source
: http://www.ifrap.org/